Les Gars

 

Cette histoire n’est pas celle d’une mission de nuit terrifiante d’équipages volontaires à bord de bombardiers de la Bomber Command, ou du terrible prix qu’ils ont payé. Ce n’est pas une histoire d’as, ou de grandes batailles, ni d’innombrables sacrifices faits par de valeureux hommes et femmes qui ont payé le prix ultime et manqué les 25 000 levés de soleil qui leur étaient dus. Pour ceux et celles qui ont porté l’uniforme durant ce conflit, on ne décrira pas leur courage, leur solitude, leur discipline, leurs privations ainsi que les risques et la terreur qu’ils ont vécus quotidiennement sans broncher face à leurs responsabilités. Nous vous présentons plutôt notre dette envers eux, plus de 70 ans après leur retour à la maison. Cette une histoire universelle de dignité, la leur… et la nôtre. Peu importe si vous êtes australiens, américains ou britanniques, il faut comprendre l’ampleur de notre dette envers eux et la leur rembourser

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Par Dave O’Malley. Traduction par Claude Brunette et Pierre Lapprand 

Durant mon enfance, je vivais dans un quartier   touché par les derniers vestiges de l’ère du Baby-Boom. Les maisons simples du secteur Elmvale Acres semblaient être là depuis un bon moment. À l’âge de 12 ans, je fréquentais le secondaire à l’école catholique pour garçons tout prêt de la rivière Rideau à quelques kilomètres de la maison paternelle. Durant les journées de printemps et d’automne, je prenais mon vélo pour me rendre à l’école. Je circulais sur le chemin Smyth qu’on avait récemment pavé tout en faisant face à un vent de face plutôt frisquet.

En route, sur la droite, j’apercevais des structures de bois un peu éparpillées sur une grande propriété très bien aménagée. Je notais que les bâtiments d’un étage couverts de bardeaux gris pâle avaient tous des rampes de bois qui s’inclinaient de chaque côté. Je voyais aussi des allées aménagées en bois qui reliaient les différents bâtiments. Il y avait aussi quelques grandes structures, un petit stationnement, un édifice de briques rouges qui abritait une piscine dont les grandes fenêtres à panneaux multiples étaient toujours embuées.

Quand j’enfourchais mon vieux vélo pour faire de grandes randonnées durant les journées ensoleillées ou pendant de chauds après-midi, je passais souvent près de cette propriété. J’apercevais sur les balcons ou sur les terrasses ces hommes assis tout seul dans leur fauteuil roulant. Mais on les voyait à certains moments accompagnés d’infirmières vêtues de beaux uniformes blancs. C’était les survivants du carnage de trois guerres : la Première et la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que celle de Corée. Ceux âgés d’environ soixante ans avaient survécu à la Première Guerre. Ceux de l’âge de mon père avaient combattu pendant la Deuxième Guerre mondiale ou en Corée. Certains étaient victimes de brûlures, d’autres avaient perdu leurs jambes ou leurs bras. Ils restaient là, en silence, assis dans leur fauteuil roulant. Il y en avait qui fumaient. Face au soleil levant, ils semblaient regarder à travers le temps et l’éternité, ou fixait le vide qui les séparait de moi. J’avais toutefois l’impression que même dans ce paysage paisible, on y vivait une grande tristesse parce que même si on en prenait bien soin, ils étaient un peu isolés, comme si on avait peur qu’ils dérangent la société.

J’étais un jeune garçon timide de douze ans et ma peur de l’inconnu m’empêchait de faire demi-tour et de leur dire un petit bonjour. Parfois, je les saluais à quelques reprises en passant devant eux, réalisant par la suite avec un serrement au cœur, que la plupart du temps, ils n’étaient même pas capables de me répondre même s’ils l’avaient voulu. J’aurais dû avoir le courage d’aller vers eux, de me présenter à eux, de m’assoir avec eux, et ceci à chaque jour. J’aurais pu partager de la gentillesse et des rires avec eux. J’aurais pu écouter leurs histoires, leur raconter les miennes mais surtout, les faire se sentir importants et fiers, leur donner de la compassion. Mais je ne l’ai pas fait. 

Encore maintenant, je le regrette toujours et j’en ressens un peu de honte. C’est pourquoi aujourd’hui je mets tant d’efforts à les rencontrer. 

Accompagnés de notre photographe, Peter Handley, et de Claude Brunette, un autre de nos bénévoles, nous avons visité un endroit qui m’a permis de faire des choses que je n’avais pas fait il y a tant d’années. Nous avons visité un groupe d’anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale, un groupe qui diminue en nombre rapidement. Nous sommes entrés dans un endroit teinté de gentillesse et d’amour, un lieu qui les valorise, qui leur donne confiance, des intervenants qui écoutent leurs histoires et qui les font rire. C’est un endroit dont tous les canadiens devraient être fiers. Il s’agit de l’Hôpital Sainte-Anne, situé à l’ouest de Montréal.

L’Hôpital Sainte-Anne est le dernier hôpital de soins de longue durée pour les anciens combattants, administré par le Ministère des Anciens Combattants, responsable du bien-être des anciens combattants canadiens. Construit en 1917, ce fut l’un des neufs hôpitaux établis par le gouvernement conservateur du premier ministre Robert Borden sous la direction de la Commission des hôpitaux militaires. Le pays faisait face au retour de nombreux blessés, de malades, de victimes d’attaques au gaz, durant les campagnes du front de l’ouest en France et en Belgique. Il y avait un grand besoin pour ce nouveau type d’hôpitaux pour traiter les différents types de blessures, y compris celles causées par les gaz toxiques et les traumas psychologiques causés par la guerre.   

À la fin de la Première grande guerre, l’Hôpital Sainte-Anne avait son propre embranchement ferroviaire, permettant de recevoir directement les blessés acheminés en civière via Halifax, probablement. Ceci en dit beaucoup sur le volume de patients prévus à l’époque… (Photo : gracieuseté de l’Hôpital Sainte-Anne.)

Au moment de la Deuxième grande guerre, plusieurs des infirmeries de l’hôpital étaient couvertes de vignes et paraissaient pittoresques  à première vue, tout comme la Résidence Rideau pour anciens combattants que j’apercevais lors de mes randonnées en vélo durant ma jeunesse. Les soins de longue durée prodigués aux résidents étaient sans doute bien intentionnés, mais plus primitifs que ceux d’aujourd’hui. Photo : gracieuseté de l’Hôpital Sainte-Anne. 

L’extérieur de l’Hôpital Sainte-Anne était très accueillant.  L’atmosphère au début était selon le site internet du ministère : ‘L'ambiance à l'HSA était amicale, mais disciplinée. En 1916, la Commission des hôpitaux militaires imposa une discipline militaire aux institutions qu'elle gérait afin d'augmenter la participation aux programmes de formation professionnelle et de réduire les risques d'écarts de conduite de la part de certains anciens combattants. Les districts militaires furent transformés en unités du Hospitals Commissions Command, faisant ainsi passer le personnel et les patients sous autorité militaire. La discipline militaire fut la règle à l'HSA jusqu'au déménagement, en 1971, dans le nouvel édifice. Photo : gracieuseté de l’Hôpital Sainte-Anne.

Site de l’Hôpital Sainte-Anne au moment de la Deuxième Guerre mondiale.  Plusieurs blessés canadiens y étaient transportés en provenance de navires-hôpitaux et ensuite par train. Photo : gracieuseté de l’Hôpital Sainte-Anne.

Une photo de Sainte-Anne prise durant la même période  que celle de la photo précédente. On y voit que même durant la Deuxième Guerre mondiale, on accordait une importance à l’accessibilité, comme en témoignent les rampes sur les trottoirs. Sandy Sanders, une abonnée à nos info-lettres, nous a relaté ses souvenirs sur l’art de « classer » les patients de l’Hôpital Sainte-Anne juste avant la Deuxième Guerre. ‘J’étais étudiante à l’école secondaire Macdonald situé à Sainte-Anne-de-Bellevue en 1939. Je me souviens très bien de cet hôpital. Nous apercevions les patients vêtus de gris ou de bleu. Ma mémoire faiblit mais les couleurs n’étaient pas assignées aux patients réguliers. Une des couleurs voulait dire que le patient ne devait pas prendre de boissons alcooliques dans les bars du coin. D’autres avaient des croix ou un cercle rouge dessinés  au dos de leurs chemises, ce qui voulait dire qu’ils ne devaient pas quitter les environs de l’hôpital. Photo : Hôpital Sainte-Anne.

Un nouvel édifice plus moderne fut construit en 1971. Il y eut des rénovations importantes récentes qui avaient permis de passer du vieux concept d’aires ouvertes aux chambres privées. Photo : Memorablemontral.com

A la fin de l’été, nous nous sommes rencontrés Peter, Claude et moi au hangar des Ailes d’époque. Nous avons pris l’autoroute  50 sans oublier de faire au préalable le plein chez Tim Horton! Puis nous avons traversé  Hawksbury  en direction de la Belle province. En passant sur  le pont du Lac des deux Montagnes, on peut apercevoir la structure imposante de l’Hôpital Sainte-Anne Je l’avais déjà  vu à plusieurs reprises en conduisant vers Montréal, sans savoir ce que  représentait cette construction grise imposante. Je n’avais imaginé que c’était l’endroit où on prenait soin de nos héros.

Notre but était de savoir comment allaient nos anciens combattants et d’apprendre comment on prenait soin d’eux dans cette dernière période de leur vie. Avant notre arrivée, j’avais demandé à Andrée-Anne Desforges, de la Fondation de l’hôpital, de pouvoir rencontrer plusieurs anciens combattants, surtout ceux qui avaient servis dans l’Aviation royale canadienne (ARC). Au cours des premières décennies de son existence, l’extérieur de l’hôpital était bien aménagé, avec des jardins. Un site paisible. Toutefois, à l’intérieur, la discipline militaire était de rigueur. Les nouvelles disciplines de la science médicale pour traiter les blessures de guerre physiques et psychologiques en étaient à leurs balbutiements. Aujourd’hui, si l’extérieur est sobre,  l’intérieur n’en est pas moins un environnement de soutien où règne la bonne humeur. Avec le temps, on a déjà fait bien du chemin dans la manière d’apporter des soins aux anciens combattants. L’hôpital d’aujourd’hui est plutôt devenu un lieu où évolue toute une communauté.

L’hôpital traite les anciens combattants selon deux groupes distincts : les anciens combattants traditionnels, de la Deuxième Guerre mondiale et de la guerre de Corée. Ces derniers sont pour la plupart des résidents permanents qui nécessitent des soins de longue durée et qui sont soignés pour des problèmes de santé divers, des problèmes de mobilité ou encore pour leur défis cognitifs.  Le second groupe est composé des vétérans de la nouvelle génération. Ceux-ci ont pris part à diverses missions de maintien de la paix telles que celles au Kosovo, en Bosnie ou en Afghanistan.  Il y a grand besoin au Canada de traitement contre le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) suite, entre autres, aux 13 ans de participation de plus de 40 000 canadiens à la campagne en Afghanistan. Les vétérans de ce groupe viennent du Québec et d’ailleurs au Canada pour obtenir des soins spécialisés pour traiter le SSPT ou d’autres blessures reliées à leurs fonctions militaires.

L’Hôpital Sainte-Anne est reconnu comme chef de file du traitement du SSPT. On y utilise une approche multidisciplinaire qui regroupe des psychiatres, des psychologues, des médecins, des travailleurs sociaux, du personnel infirmier et d’autres types de professionnels de la santé. On dessert la communauté militaire canadienne par le biais de deux cliniques externes, celle reliée au traitement du stress opérationnel et l’autre consacrée à la gestion de la douleur chronique, en plus d’une clinique résidentielle de traitement des traumatismes liés au stress opérationnel unique au pays.

L’Hôpital Sainte-Anne est maintenant affilié à  la faculté de médecine de l’Université McGill, l’une des plus importantes facultés médicales canadiennes. Grâce à cette association, l’Hôpital Sainte-Anne prévoit devenir un centre d’apprentissage et possiblement de développement professionnel par voie d’internat, pour les étudiants et gradués voulant se spécialiser dans le traitement du SSPT.

L’Hôpital Sainte-Anne avec son nouveau Pavillon du souvenir sur la gauche. Photo : gracieuseté de MemorableMontreal.com

Les personnes que nous avons rencontrées et à  qui nous avons parlé faisaient partie du groupe « traditionnel » des anciens combattants. En effet, l’un des mandats des Ailes d’époque est d’enseigner aux jeunes d’aujourd’hui les leçons trop souvent oubliées au sujet du devoir, de l’honneur et du sacrifice, à travers les expériences vécues par les aviateurs de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre froide. Nous voulions ainsi savoir comment ces grands canadiens, à qui l’on doit tant, étaient soignés dans le tout dernier hôpital responsable de leur bien-être. Lors de notre visite, les entrevues, questions et photos furent majoritairement dirigées vers les plus âgés de nos anciens combattants Nous n’étions pas venu pour  discuter des grands objectifs des soins de santé de l’ensemble de l’hôpital, ou de son rôle de chef de file dans les traitements des blessures causées par le stress du service militaire. Notre intention était de voir quels étaient les soins prodigués au groupe traditionnel des anciens combattants dont les histoires regorgent dans  le site internet des Ailes d’époque.

La recherche sur le SSPT et les approches thérapeutiques offertes au groupe des nouveaux vétérans ont largement contribué à changer les modes de traitement. On travaille aussi à améliorer les approches cliniques, sociales et occupationnelles et la recherche pour le compte des résidents âgés souffrant de problèmes de santé physiques ou psychologiques. L’Hôpital Sainte-Anne est maintenant affilié à la faculté de médecine de l’Université McGill, l’une des plus importantes facultés médicales canadiennes. Grâce à cette association, l’Hôpital Sainte-Anne prévoit devenir un centre d’apprentissage et possiblement de développement professionnel par voie d’internat, pour les étudiants et gradués voulant se spécialiser dans le traitement du SSPT. Ceci veut donc dire que le groupe de vétérans traditionnels vivent mieux et profitent d’un plus grand choix de soins  thérapeutiques, de programmes sociaux, de techniques éprouvées et d’avancées scientifiques. Les succès de l’hôpital sont attribuables en grande partie au personnel qui travaille sur les unités et avec la Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne. Le respect pour les hommes et femmes sous leur responsabilité est le fondement de leur travail et leur motivation pour l’innovation. Andrée-Anne Desforges parle chaleureusement des résidents de Sainte-Anne dont la Fondation contribue à améliorer les vies. Avec son grand sourire, elle a parlé de la petite  « bande de gars » que Peter, Claude et moi allions rencontrer. Cette rencontre n’était pas qu’avec des résidents mais bien des hommes encore jeunes de cœur, ayant un sentiment de contribution et qui cachaient un petit diable à l’intérieur … après tout, ce sont des gens de l’ARC

Andrée-Anne Desforges, coordonnatrice au développement de la Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne, et Marc Lessard, l’un des infirmiers, rendent visite à Monsieur Rosaire Gaston Ouellette. Les résidents sont encouragés à apporter des photos ou des souvenirs pour faire de leur chambre la leur. Photo : Peter Handley

Les résidents qui ont besoin de soins de longue durée s’installent tout en faisant de leur chambre des oasis de souvenirs et d’objets personnels qui les réconfortent. Leur chambre devient ainsi  leur ‘’chez eux’’. Le poteau de transfert à la droite du lit permet aux résidents de se lever en toute sécurité. Photo : Peter Handley.

Sur les unités de soins de longue durée, on reçoit des anciens combattants dit ‘’traditionnels”. Certains d’entre eux y sont hébergés depuis plusieurs années et l’hôpital sera leur dernière résidence. Ils seront entourés et soutenus par des gens qui leur donneront toute l’attention voulue. Des 350 anciens combattants traditionnels, y compris ceux de la guerre de Corée, l’âge moyen est de 92 ans. A cause de leur âge, ils souffrent des mêmes problèmes que le reste de la population gériatrique, par exemple, la dysphasie, les difficultés de mobilité, la douleur chronique, les problèmes dentaires en plus des soins palliatifs. Ce qui rassemble ces personnes, c’est leur expérience de la guerre et notre devoir de prendre soins d’eux et ce, même si la plupart ne souffrent pas de conséquences directes de leur service militaire.

Pour gérer les besoins médicaux, l’hôpital a élaboré et utilise de nouvelles techniques pour la gestion de la douleur et traiter les blessures reliées au stress de la nouvelle génération de vétérans. Ils en font de même pour traiter la démence et les autres défis médicaux comme la dysphasie chez les anciens combattants traditionnels. La dysphasie est une maladie caractérisée par une difficulté à avaler. Elle peut affecter tout le monde, mais on la retrouve souvent chez les personnes plus âgées. Cette maladie affecte plus de 70 % des personnes âgées en résidence et approximativement 10% des personnes de 65 ans et plus. La dysphasie est souvent le résultat d’autres causes y compris les accidents cardio-vasculaires. Les repas pour ceux souffrant de dysphasie sont souvent servis sous forme de purées plus faciles à avaler. La purée de viande ou de légumes peut paraître moins appétissante pour ceux qui ont déjà perdu l’appétit. Ainsi, à l’hôpital Sainte-Anne, on a développé une façon de reformer la purée pour qu’elle ressemble à la forme de l’aliment original. En utilisant des moules et des produits pour améliorer sa consistance, la purée devient ainsi un plat plus appétissant. Ceci peut avoir un effet psychologique important pour les vétérans. L’expertise et la technologie développées par l’hôpital sont  à la base du transfert technologique accompli par la compagnie qui s’appelle Prophagia, produisant des aliments pour les personnes souffrant de dysphasie.

Les patients souffrant de dysphasie ont de la difficulté à avaler. Leur servir des repas de purée ou d’aliments liquéfiés n’est pas appétissant. Mais reformer la purée sous forme d’aliments d’un repas, comme du jambon, des ananas, des asperges ou des betteraves, affecte positivement et profondément ceux qui souffrent de cette maladie. Photo : Prophagia

Avec le soutien de la faculté de sciences dentaires de l’Université McGill, l’Hôpital Sainte-Anne est à la fine pointe d’une nouvelle approche scientifique pour le traitement et les services de soins dentaires gériatriques. La santé dentaire des anciens combattants est souvent affectée par la médication, la diète, les problèmes cognitifs et même la perte de poids. Les anciens combattants ont vécu durant une période caractérisée par l’absence de fluorure, du manque d’accessibilité à de soins dentaires de qualité ainsi qu’aux différentes prothèses orales. Des dentiers mal ajustés peuvent causer une perte de poids et de l’inconfort qui nuisent à la qualité de vie. On peut ainsi visiter la clinique dentaire de l’hôpital pour des ajustements mineurs ou régler d’autres problèmes dentaires.

L’évolution des soins palliatifs, gériatriques et psychiatriques permet de fournir à nos vétérans traditionnels une vie heureuse, variée et digne d’intérêt. S’ajoute une panoplie de petites choses qui apportent réconfort et  bien-être. C’est ce que font si bien l’hôpital et sa Fondation. Les résidents sont encouragés à socialiser, à circuler dans l’hôpital et à participer à une grande variété d’activités. Deux fois par semaine dans l’auditorium, les  résidents chantent de tout cœur accompagnés par des pianistes bénévoles. Il y a aussi deux allées de quilles qui étaient d’ailleurs très occupée lors de notre visite. On entendait le bruit des boules qui venaient frapper les quilles. Les résidents peuvent faire de l’artisanat, de l’art ou travailler dans l’atelier de menuiserie. Ceci leur permet de demeurer actifs en plus de leur montrer qu’ils peuvent  encore créer des objets de valeur et qu’il y a encore des choses à apprendre. 

Il y a plusieurs anciens combattants dont l’état de  santé fera en sorte qu’ils termineront  leurs jours à l’Hôpital Sainte-Anne. L’hôpital leur fournit plus que des soins thérapeutiques. Par exemple, un atelier de menuiserie qui est l’un des endroits préférés des résidents masculins. Pierre Groulx, un employé de l’atelier, aide les résidents à utiliser des outils en toute sécurité en plus de leur donner un coup de main. Les anciens combattants construisent  différents objets comme de petites boîtes de jouets pour leurs arrières petits-enfants. Monsieur Groulx indique que l’activité de menuiserie n’est  pas un remède miracle pour les anciens combattants, mais cela à un effet positif pour réduire le niveau de stress qui accompagne un changement de vie important et sur la solitude résultant de la perte d’un conjoint ou de plusieurs connaissances. Photo : Peter Handley

L’atelier est bien équipé de plusieurs types d’outillage, autant électrique que traditionnel. Photo : Peter Handley

Anthony Ozanick, un homme doux et élégant,  était un ancien membre de l’équipe des mécaniciens de l’escadrille 408 ‘’Goose’’. L’escadrille faisait partie du Groupe 6 de la Royal Air Force basé à Linton-on-Ouse. De nos jours, ses visites à l’atelier lui permettent de relaxer et de retrouver de la camaraderie. Photo : Peter Handley

Anthony Ozanick a participé aux missions à bord des Avro Lancaster pour le Bomber Command  à partir de  l’imposante base de la Royal Air Force de Linton-On–Ouse. Cette dernière était l’un des 11 aérodromes affectés au Groupe 6 de l’Aviation  royale canadienne (ARC) .On l’utilise encore aujourd’hui pour la formation des pilotes d’avions à réaction.  Photo : Royal Air Force

Plusieurs anciens combattants adorent passer du temps dans l’atelier. Pierre Groulx est là pour leur donner un coup de main à construire des maisons de poupée pour les arrière-petits-enfants ou des cabanes d’oiseaux à offrir en cadeau aux visiteurs. Photo : Peter Handley

Un studio d’arts et métiers jouit de lumière naturelle abondante. C’est un endroit fort apprécié qui permet aux résidents de passer des journées agréables à faire de la peinture, à tisser  ou à fabriquer des poupées ou de petits jouets. On voit ici Diane Martineau, conseillère en arts et métiers, aider une résidente avec l’un des nombreux métiers à tisser. Photo : Peter Handley

On aperçoit madame Lacasse, l’une des trente résidentes de l’Hôpital Sainte-Anne, tisser des napperons et des chemins de table, fort populaires à offrir en cadeau aux amis et aux familles. Photo : Peter Handley

Madame Hélène Lacasse  glisse  la navette du métier à tisser pour enfiler les ficelles. Travailler sur les métiers à tisser permet de garder un esprit vif et actif en plus d’aider à maintenir une bonne coordination. Un après-midi de tissage entouré d’amis renforce non seulement la vie sociale, mais aide aussi à produire du travail créatif. Photo : Peter Handley.

Le studio des arts et métiers contient plusieurs  produits finis comme des animaux en peluche, des cabanes d’oiseaux, de la poterie et des cadres à photos. Tous ces objets sont en vente à des prix très avantageux et les profits sont versés directement aux anciens combattants qui les ont conçus. Photo : Peter Handley

Des serpents colorés, fait de feutre, décorent le studio des arts et métiers. Les projets simples et répétitifs comme le tissage et la fabrication de jouets favorisent  la stimulation mentale,  l’entregent, une veine artistique, en plus  d’apporter  la satisfaction d’avoir créé quelque chose. Photo : Peter Handley

Lors de nos rencontres avec le personnel et les anciens combattants dans le studio, j’ai découvert que l’on pouvait acheter les item exposés et que les profits iraient directement  aux anciens combattants responsables de leur fabrication. Même si les sommes n’étaient pas  importantes, ceci permettait de confirmer que leurs efforts étaient appréciés et valorisés. J’ai acheté deux petits moutons en peluche pour ma petite-fille, que je lui ai remis la semaine suivante. Son expression en dit long!  Nous avons fait parvenir cette image à la Fondation et ils l’ont montrée aux anciens combattants ayant fabriqué ces jouets. Quelle satisfaction de pouvoir fermer la boucle. Photo : Dave O’Malley

Les activités sociales font partie intégrante et importante de nos vies. Partager des repas, jouer aux cartes ou au billard, bavarder ensemble en sirotant une bonne bière froide et n’oublions pas le bon vieux Bingo. Toutes ces activités sont organisées pour le bien-être des résidents afin de rebâtir dans leur vie un sentiment de vie normale et de camaraderie. Lorsque le maïs et les fraises sont de saison, on organise des évènements qui regroupent les résidents pour célébrer et partager la bonne bouffe entourés par une communauté hors pair. Un programme très efficace qui est financé par la Fondation est le projet Skype. Des bénévoles apportent un ordinateur portable fourni par la Fondation et assistent les anciens combattants qui désirent parler à leur proches ou à des amis à se brancher à Skype. Les bénévoles peuvent ainsi relier les vétérans par réseau informatique à leur famille et amis à distance. Ceux qui ne sont pas familiers avec la technologie d’aujourd’hui peuvent maintenant, avec Skype, voir et parler à leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, ou encore à leurs anciens camarades, directement depuis leur chambre.

La Fondation évalue chaque nouvelle idée afin d’améliorer le bien-être des résidents. On cherche toujours des moyens simples et rentables pour stimuler les résidents à s’engager. La musique et la zoothérapie sont favorisées et sont efficaces pour remplacer des parties de vie perdues à jamais. L’effet positif qu’un animal peut avoir pour apporter de la joie et du réconfort est notable. La musique vient contrer le stress de la solitude. Il ne faut pas oublier que le rire remplace souvent la pilule. Ainsi, un programme qu’on appelle La Belle Visite est fort populaire à l’Hôpital Sainte-Anne. En fait, il s’agit de visites hebdomadaires rendues par deux artistes thérapeutiques à des résidents rencontrant des défis cognitifs. Ces rencontres permettent la réminiscence, améliorent l’humeur en donnant une place à l'humour, en invitant au partage relationnel et à la socialisation tout en stimulant l'imaginaire.

La Fondation ainsi que l’Hôpital ne ménagent pas leurs efforts pour répondre aux besoins individuels des résidents, en leur procurant divers appareils comme des fauteuils roulants, des canes, et des marchettes. Ceci leur permet de demeurer mobiles et autonomes plus longtemps Ces démarches assurent un haut degré de confort et d’utilité tout en démontrant aux anciens combattants combien ils sont uniques et importants. Tony Pednault, le technicien responsable de l’atelier, est très apprécié pour sa créativité à modifier les différents appareils, pour rencontrer les besoins individuels de confort et d’utilité des résidents qui lui rendent visite. Comme les exigences changent continuellement, les résidents viennent souvent  à l’atelier pour faire effectuer de petites retouches au besoin. On nous a dit que Tony est prêt à tout faire pour ses résidents. Photo Peter Handley.  

De nombreux coussins de fauteuils roulants sont empilés.  La Fondation et l’Hôpital fournit tous les appareils et les activités qui rendent la vie dans le milieu hospitalier plus agréable pour les anciens combattants qui vieillissent.  Les salles d’entrepôt sont remplies de toute sorte de fauteuils, de coussins, de pièces d’équipement technique que l’on utilise pour favoriser le niveau de confort et la mobilité des personnes dans leur fin de vie. Photo : Peter Handley

La Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne comprend que plusieurs anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale et de la Guerre de Corée ont grandi en étant croyants et plusieurs le sont toujours. Ils trouvent un réconfort dans la communauté spirituelle de leur choix. On voit ici deux simples détails dans la chapelle de l’hôpital qui dénote l’attention accordée au bien-être des cœurs et des esprits des anciens combattants.  La chapelle est  multiconfessionnelle. Ainsi, on peut la convertir pour servir les besoins religieux des différentes dénominations, soit juive, chrétienne ou islamique.  Les quatorze stations du chemin de croix que l’on retrouve dans les églises catholiques se retrouvent dans de petits alcôves dans les murs derrière de petites portes que l’on ferme s’il y a un service d’une autre religion. On y voit aussi des caméras de télévision qui suivent automatiquement les mouvements du célébrant. Les résidents peuvent participer  aux services en personnes mais ceux qui sont moins mobiles peuvent participer en écoutant les services retransmis sur les téléviseurs dans l’intimité de leur chambre.  Photo : Peter Handley.

Il y a des techniques simples pour aider les préposés à mieux servir les anciens combattants. Sur chaque unité de soins, il y a une salle à manger pour les résidents. Pour chaque résident, il y a un napperon qui, avec l’aide de pictogrammes, permet de bien identifier les besoins spécifiques de chaque résident en ce qui concerne la nourriture. Photo : Peter Handley.

Des bénévoles de l’Hôpital Sainte-Anne permettent   aux résidents d’avoir accès à une grande bibliothèque qui comprend des titres de grand intérêt pour la « Grande Génération ». Les bénévoles jouent un rôle primordial pour maintenir la meilleure qualité de vie possible des anciens combattants. En plus de gérer et maintenir la bibliothèque, ils organisent des activités et des sorties, tout en les accompagnant. Ils établissent aussi des liens avec ceux qui reçoivent des soins palliatifs et qui n’ont pas de famille ou dont les familles sont trop éloignées pour les visiter régulièrement. Avoir la visite d’un  ami quand la mort est proche est fondamental dans le  processus palliatif. Photo : Peter Handley 

Le nouveau Pavillon du souvenir à Sainte-Anne a été conçu pour les anciens combattants qui souffrent de  problèmes cognitifs. Ce complexe moderne a été créé spécifiquement pour aider cette clientèle dont les besoins sont distincts et uniques. Par exemple, il n’y a pas de corridors sans issue et ceci permet aux résidents de circuler librement tout en leur permettant de revenir au point central de la résidence. Les chambres du Pavillon ont plusieurs grandes fenêtres qui permettent une aire ensoleillée. Des babillards au chevet des lits  utilisent aussi des pictogrammes pour informer le personnel es besoins en soins des résidents. Photo : Jean-Guy Lambert de Jean-Guy Lambert Photographie

La Fondation est toujours à la recherche de moyens thérapeutiques et de programmes pour améliorer la vie des résidents et de leurs familles, plus particulièrement ceux qui contribuent à un niveau émotionnel et de bien-être élevés avec peu d’investissements. Dans le Pavillon du souvenir, des bénévoles et des membres du personnel ont créé un projet unique mais significatif. Ce projet a permis de créer des sentiments forts et des souvenirs pour les familles de résidents qui souffrent de démence. Lorsque les résidents glissent de plus en plus vers la démence, les familles sont réconfortées par le Projet des mains jointes à jamais. L’idée est simple, élégante et forte en émotions. Le résident, en tenant la main d’un être cher, trempe les mains dans une solution non-toxique gélatineuse durant environ cinq minutes. Il en ressort un moule qui est ensuite utilisé pour recréer la sculpture en plâtre des mains. Cette sculpture reflète les plis, les rides, les jointures et même l’émotion du moment.   Les mains jointes, des conjoints ou arrières petits-enfants est un message d’affection très fort que les familles peuvent garder à jamais. Je ne peux qu’imaginer comment il aurait été merveilleux d’avoir eu une sculpture des mains de mon grand-père, un vétéran des batailles de tranchées durant la Première Guerre mondiale. Photo : Peter Handley.

Toute personne est une histoire sacrée. Cet écriteau se retrouve à l’entrée du salon principal du Pavillon du Souvenir. Plusieurs parmi les anciens combattants ont oublié leurs propres histoires. L’amour et le respect démontrés par le personnel envers eux leur  permettent de vivre une fin d’histoire pleine de dignité. Les décorations faites à la main par un bénévole sont changées régulièrement et selon les saisons. Photo : Peter Handley

Un pianiste visite Sainte-Anne chaque semaine et joue des chansons que les valeureux guerriers chantaient lorsqu’ils étaient des jeunes hommes et femmes. Il y a habituellement deux sessions de chants, une dans la tour principale de l’hôpital et l’autre dans le Pavillon du Souvenir. Le livre de chansons contient les paroles de centaines de chansons anglophones et francophones. Dans le passé, la chanson était souvent le seul refuge pour les jeunes aviateurs au combat et éloignés de leurs patelins. Durant ces années de guerre, on entendait dans les salles de mess, de l’Écosse  jusqu’au Ceylan, des chansons d’amour, de solitude, d’espoir et même un peu obscène. C’est toutefois approprié pour des personnes de 90 ans et plus,  puisque les chansons leur apportent de la joie et du soulagement. Photo : Peter Handley

Notre visite à Ste-Anne de Bellevue n’était pas pour observer les soins prodigués aux anciens combattants mais bien pour les rencontrer. Andrée-Anne a fait les arrangements pour que nous puissions rencontrer des anciens combattants de l’ARC qui ont combattu durant la Deuxième grande guerre. Nous avons été de chambres en chambres pour passer un peu de temps avec chacun. Nous avons été introduits au capitaine d’aviation Leonard Allistair Fuller qui a effectué un tour de service complet pour la Bomber Command sur des Handley Page Halifax. Le soleil brillait dans sa chambre qui était bien mise et invitante. Il avait placé sur son lit, son manteau avec l’écusson de l’escadrille 415  de l’ARC accompagné de ses nombreuses médailles qui brillaient au soleil. Il bondit du côté de son lit pour nous accueillir chaleureusement. Il a disparu rapidement pour chercher une autre chaise pour nous accommoder. Il est reparti pour inviter un autre ancien combattant de l’ARC, le sergent Gilbert Prévost qui s’est joint à nous. Puis Everett Paul Firlotte un ancien mitrailleur de Lancaster, a aussi fait partie de la discussion. Il nous paraissait clair que nous étions attendus et qu’ils étaient heureux de nous voir. On nous a traité comme des célébrités. On n’est resté qu’environ 30 minutes mais se fut une visite inoubliable. Nous avons discuté de leur service militaire durant la Deuxième Guerre mondiale. J’ai pu apprécier leur bien-être et leur volonté de continuer à vivre. La première chose que j’ai remarquée était leur habillement bien mis, et leur hygiène était impeccable. Les sept d’entre nous relaxions dans la chambre de monsieur Fuller et nous avons fait un voyage dans le temps. Les questions que nous leur demandions a fait en sorte que leurs visages s’animaient  et tout cela leur faisait revivre des souvenirs joyeux et parfois tristes.

La vieillesse n’est pas toujours plaisante. Je vous en parle d’expérience personnelle. Durant nos rencontres, il était parfois difficile pour ces vétérans de répondre précisément à nos questions, par exemple, leurs aérodromes, les lieux de formation, et les escadrilles dans lesquelles ils ont servis. Nous ressentions leurs frustrations lorsqu’ils creusaient leurs mémoires mais ils préféraient plutôt demeurer animés et s’engager dans la conversation. Ce fut une bonne journée. Le soleil brillait, les gens se visitaient et de nouvelles amitiés se créaient. Nous avons ri avec eux en plus d’avoir des moments de réflexion. Toutefois, la chose la plus remarquable, c’était de ressentir la  grande dignité qui imprègne cet endroit, et de voir combien  chaque résident se sentait valorisé,  entouré d’amour et de soutien, jour après jour, comme cette journée qui  était une bonne journée, ou du moins la meilleure possible.

La dignité, que demander de mieux?  

L’accueil le plus chaleureux que nous avons reçu à Sainte-Anne était celui du capitaine d’aviation à la retraite Leonard Allistair Fuller, un ancien bombardier  qui a complété son service dans des bombardiers Handley Page Halifax de l’escadrille 415. Chaque personne interviewée par les Ailes d’époque avait été approchée auparavant pour leur demander si nous pouvions les rencontrer. Le matin même, nous avons aperçu monsieur Fuller dans la salle de physiothérapie qui nous a dit avec un clin d’œil : ‘’ je vous verrai plus tard ‘’. Quand nous l’avons rencontré dans sa chambre plus tard, il a traversé le corridor pour inviter d’autres anciens aviateurs pour parler du bon vieux temps et pour apporter des chaises pour tout le monde. Il était clair que notre visite était un fait saillant de leur journée et que ces vétérans prenaient un grand plaisir de pouvoir relater leurs histoires.  Photo : Peter Handley

La bande de gars de Sainte-Anne, l’ancien capitaine d’aviation Leonard Fuller (à gauche), le sergent Gilbert Prévost, retraité (à droite). Ils ont été les hôtes de Claude Brunette, Dave O’Malley et Peter Handley des Ailes d’époque. Ensemble, nous avons partagé un après–midi rempli de belles histoires d’aviation. Par cette belle journée ensoleillée, les visiteurs des Ailes d’époque furent ravis de l’accueil chaleureux donné par ces aviateurs de la Deuxième Guerre mondiale. Photo : Peter Handley

Gilbert Prévost relaxe dans son fauteuil roulant tout en répondant aux questions de l’auteur (à gauche) tandis que Everett-Paul Firlotte, un ancien mitrailleur de queue de Lancaster, se joint à la conversation. Photo : Peter Handley

Gilbert Prévost, sergent  à la retraite, est un homme élégant et volubile. Il était technicien de l’entretien dans l’Aviation royale canadienne (ARC) durant la Deuxième Guerre mondiale. La démographie des résidents s’apparente à la démographie de l’ARC durant la Deuxième Guerre mondiale. La majorité d’entre eux, comme le sergent Prévost,  était assignée à des tâches de soutien. Il fut assigné à plusieurs différentes escadrilles de l’ARC durant la guerre, dont les aérodromes du Groupe 6 de la Royal Air Force situé à Leeming North Yorkshire en Angleterre. Monsieur Prévost tenait à minimiser son rôle, mais sans des personnes comme lui, qui ont quitté leur demeure et risqué les menaces des U-Boats en traversant l’Atlantique, l’ARC n’aurait jamais atteint ses hauts niveaux de rendement. Photo : Peter Handley

Pour se joindre à la guerre, plusieurs aviateurs ont traversé l’Atlantique dans des convois comme passagers sur de lents paquebots . D’autres, comme messieurs Prévost, Fuller et Firlotte, ont traversé à bord de paquebots rapides, qui, grâce à leur plus grande  vitesse voyageaient seuls et ainsi pouvaient contrer la menace des U-Boats.  Il se trouve que Messieurs Prévost et Firlotte aient fait la même traversée sur le même bateau, le tout nouveau  bateau de la Royal Mail du nom de RMS Andes. C’était l’un des bateaux les plus luxueux de son époque.

Les caractéristiques de luxe du paquebot RMS Andes ont été enlevées et on l’a peint en gris pour les besoins de sa conversion à un transport de troupes. Cette photo de combattants australiens de retour après la guerre démontre les conditions d’entassement qu’ont vécues les sous-officiers comme Messieurs Firlotte et Prévost

Les mains du sergent à la retraite Prévost en disent long sur qui est l’homme. En les regardant, on perçoit un homme d’une grande gentillesse, d’un abord facile et méticuleux dans ses soins. C’était un grand plaisir de faire la connaissance du sergent Prévost. Photo : Peter Handley

Tandis que Gilbert Prévost tentait de minimiser sa tâche de soutien à l’entretien des avions, son rôle ainsi que celui des autres : mécaniciens, techniciens, monteurs et autres préposés aux services au sol, sont honorés par une plaque souvenir à l’ancien aérodrome du Groupe 6 situé à Leeming, Yorkshire. Photo : AirCrewRemembered.com

Cette photo fait preuve de la nature charmante et pétillante de Leonard Fuller. C’est bien à cause de sa belle personnalité et de ses remarquables traits de caractères qu’il a déjà été président du chapitre québécois de la Légion royale canadienne. Nous avons vécu en sa compagnie des moments drôles mais aussi tristes de souvenirs d’amis disparus. Ce nonagénaire a survécu à 30 missions et il a perdu beaucoup d’amis durant la guerre, ainsi que des connaissances et confrères de la Légion après la guerre. Lorsqu’on atteint l’âge de monsieur Fuller, les seules choses qui vous restent sont souvent les souvenirs. Toutefois, à Sainte-Anne, on retrouve de l’amitié, de la dignité, et de nouvelles histoires sont racontées. Photo : Peter Handley.

On voit ici les médailles décernées au Capitaine de l’aviation Leonard Allistair Fuller, un bombardier sur les Halifax de l’escadrille 415. Sur la gauche, sont les médailles décernées par la Légion royale canadienne (similaires à celles remises par la Veterans of Foreign Wars aux États-Unis). Il y a la médaille décernée pour ses 55 ans de service et une autre pour marquer sa Présidence du chapitre québécois de la Légion royale canadienne. On voit sur la droite ses médailles de service militaire. De gauche à droite, il y a l’Étoile de 39-45, L’Étoile de  la France et de l’Allemagne, la Médaille de la défense, la Médaille du service volontaire canadien, la Barrette tant convoitée de la Bomber Command et la Barrette du service de 60 jours, la Médaille du centenaire canadien (1967), et finalement la Médaille d’argent du jubilée de la Reine Élisabeth II.(1972) Photo: Peter Handley

Un bombardier Handley Page Halifax 6U-I (Numéro de série NA124 de la RAF) est stationné à l’aérodrome de la RAF d’Eastmore. Un des rares modèles de Type II avec une  tourelle ventrale. C’est sur ce type d’avion que monsieur Fuller a complété ses 30 missions avec la Bomber Command. Il n’y a aucun registre sur Internet de la perte de NA 124, me laissant croire qu’il s’agit d’un survivant. De nos jours, il n’en reste seulement qu’un exemplaire, qui a été retiré 50 ans plus tard des eaux du lac Tromso en Norvège. On l’a restauré et il est exposé au musée de l’ARC à Trenton en Ontario. Photo : 6BomberGroup.ca

Par moments monsieur Fuller devenait pensif lorsqu’il se souvenait des membres de son équipage perdus lors des missions. Survivre à une période de service de 30 missions était tout un accomplissement. Il y a eu 125 000 membres d’équipage dans le Bomber Command durant la guerre. Des milliers de jeunes hommes, dont la plupart étaient des volontaires, 55 573 y ont laissé leur vie, 8 403 furent blessés et 9 838 ont été faits prisonniers.  Le taux de décès était stupéfiant : 44,5 %. Pour mettre ce taux en perspective, la 8th Air ForceThe Mighty Eight— de l’armée de l’air américaine, qui avait plus de 350 000 membres d’équipage, de ce nombre, 26 000 ont perdu la vie, soit un taux de 7,45 %.  Même s’il s’agit d’un taux terrible de perte de vie, ce taux pâlit en comparaison avec  celui du Bomber Command. Un aviateur du Bomber Command avait moins de chance de survie qu’un officier britannique qui combattait durant les terribles batailles des tranchées de la Première Guerre mondiale.  Les chances de survivre à une période de service de 30 missions du Bomber Command a diminué à 16 %. Plusieurs ont été tués lors d’accidents pendant la période d’entraînement avant même de joindre le Bomber Command. 5 327 membres d’équipage sont décédés durant les vols d’entraînements. Les membres d’équipage de monsieur Fuller étaient l’adjudant pilote J. Mackenzie; le sergent P. Herring navigateur; le Sergent O. Higgins l’opérateur radio; le mitrailleur de la tourelle dorsale le sergent J. Hoggs; le mitrailleur de queue le sergent W. Broad; l’ingénieur de vol le sergent J. Chalerbois; le mitrailleur de la tourelle ventrale le sergent J. Graham. Photo : Peter Handley

Leonard Fuller montre à Gilbert Prévost son livre sur l’histoire du Handley Page Halifax avec l’ARC. Les corridors où habitent messieurs Fuller et Prévost ressemblent à des rues de quartier où se rassemblent les voisins pour socialiser.  Bien illuminée par le soleil qui pénètre des deux côtés, l’aile de l’hôpital est d’ambiance aimable et même attirante si ce n’était un endroit de soins de longue durée. Photo Peter Handley

L’un des résidents les plus heureux de l’hôpital est le caporal de l’ARC à la retraite William ‘’Bill’’ Myers de Westmount, un quartier de la ville de Montréal. Il a vécu auparavant dans un centre public de soins de longue durée. Son statut d’ancien combattant de la Deuxième Guerre mondiale  lui a permis d’être transféré à Sainte-Anne. Il n’a pas donné de précisions quant à son séjour dans l’ancien centre de soins de longue durée. Son expression disait tout. Lorsque je lui ai demandé son opinion au sujet de sa nouvelle vie à Sainte-Anne, il nous a répondu que pour lui, c’était le ‘’vrai paradis’’. Il était soulagé et reconnaissant d’être dans un endroit où chaque membre du personnel s’occupe de lui et de son bien-être. Durant la Deuxième Guerre mondiale, monsieur Myers  est demeuré au Canada suite à son enrôlement en 1942. Il était employé par la section médicale du personnel à Toronto.  Il enseignait aux aviateurs comment reconnaître les signes de l’hypoxie et d’autres maladies propres à  l’aviation. Il formait aussi les gens sur l’utilisation des systèmes d’oxygène, et des jumelles de nuit. Il fut assigné à Halifax et ensuite à Vancouver pour former les équipages avant leurs départs outremer. La section médicale du personnel de vol située à Toronto est l’endroit qui permit les premières études médicales en aéronautique. En 1941, on y a développé les premières combinaisons anti-G. Photo : Peter Handley.

Monsieur Myers nous paraissait très joyeux de l’extérieur. Toutefois, il vivait encore une grande tristesse en pensant à son frère, le sergent Peter Myers, un opérateur radio et mitrailleur, qui a disparu durant une mission en 1943 à bord d’un Halifax. La physionomie de monsieur Myers est passée rapidement d’exalté à triste lorsque je lui ai posé une question au sujet de la peinture de son frère qu’il avait mise sur son mur. Photo : Peter Handley

Bill Myers a établi dans sa chambre un espace commémoratif à la mémoire de son frère bien-aimé Peter, disparu au-dessus de l’Allemagne en 1943. Monsieur Myers a vendu plusieurs coquelicots pour La légion canadienne pour le Jour du Souvenir pour honorer son frère. Plusieurs de ces coquelicots de ses années de bénévolat ornent la peinture de son frère, tout comme les coupures de presse et autres objets qui rappellent son sacrifice ultime. Photo : Peter Handley.

Monsieur Myers sait seulement que son frère a disparu avec tout l’équipage lors d’une mission à bord d’un Halifax de l’escadron 138 (Missions spéciales). Pour l’histoire, L’escadron 138 avait été formé en 1941 à partir d’une autre formation, la No. 1419, et il est devenu escadron 138 de missions spéciales. Initialement basé à la base de la  RAF de Stadishall, il a ensuite été transféré à la base de la RAF de Tempsford. Le rôle de l’escadron était de transporter des agents secrets et de l’équipement pour le Special Operations Executive. Les détails de la dernière mission de Peter Myers n’ont jamais été dévoilés à la famille Myers au moment de la mort de Peter, compte tenu de la nature très secrète des missions auxquelles il participait. C’est lors d’une mission de nuit du 14 mars 1943 que Maurice Teller Peter Myers a été porté disparu. Son appareil, un Handley Page Halifax de type II, immatriculé (NF-O), a été la cible de défenses anti-aériennes près de Munich lors de son retour d’une mission avortée de transfert d’agents vers la Tchécoslovaquie. Les membres d’équipage disparus comprenaient le commandant d’escadrille Christopher Gibson DFC, pilote de la RAF; l’ingénieur de bord, le sergent  Malclom Hudson de la RAF; le sous-officer Douglas Lisson de l’ARC, co-pilote;   Le sergent John Rigdon, navigateur de la RAF; le  sergent Harold Sharwood, mitrailleur de la RAF; le sergent Arthur Stokes, DFM de la RAF; le sergent Leo Ward, opérateur radio et mitrailleur de la RAF. Disparus aussi,  trois agents tchèques : Bohumir Martinek, Francis Vrbka et Antonin Kubek. Photo : Peter Handley

Avec l’aide d’Internet, j’ai pu obtenir les détails connus de la mission courageuse de son frère pour le Special Operations Executive, et je les ai  partagés avec monsieur Myers.

Une vie pleinement vécue comprend beaucoup de souvenirs et de possessions. Toutefois, si une personne déménage en résidence, elle peut apporter seulement les biens qui leur sont les plus précieux, soit les clés de leurs histoires, tout en laissant les autres de côté. Bill Myers ne pouvait pas se départir des mémoires de son frère. On peut voir sur le mur de la chambre, tout près du portrait de Peter, une petite photo  de son frère disparu datant de ses jours de formation comme opérateur radio et mitrailleur. C’est probablement la dernière photo prise de lui, devant la demeure familiale de Westmount.   Photo : Peter Handley.

Une histoire qui se rattache à la dernière est le fait que la mère de monsieur Myers était une infirmière à l’hôpital de Sainte-Anne après la Première Guerre mondiale. Photo : Peter Handley

Chaque résident est invité à mettre sa photo sur la plaque à côté de sa porte de chambre. Photo : Peter Handley

Le sergent Germain Beaulac, que nous avons aussi rencontré, est un homme tout à fait charmant. Son grand sourire, son visage expressif et sa personnalité détendue ont été un rayon de soleil à Sainte-Anne. Grâce à lui, nous avons appris plusieurs choses méconnues au sujet du service dans l’ARC durant la Deuxième Guerre mondiale. Monsieur Beaulac s’est enrôlé dans l’ARC en 1943 au dépôt des effectifs à Lachine. Il fut envoyé à Toronto à l’École de formation de base numéro 1. La langue de rigueur dans l’ARC était alors l’anglais. Monsieur Beaulac, qui ne parlait pas la langue de Shakespeare, a donc passé un an dans une école de langue à Toronto pour parfaire son anglais. On l’a envoyé ensuite à Welland pour une formation en communications. En dépit de cette formation, il  devint maître de poste de l’ARC pour débuter sa carrière militaire. Photo : Peter Handley.

Les yeux pétillants de monsieur Beaulac sont devenus émotionnels lorsqu’il a commencé à se remémorer sa conjointe, Louise Matteeuessen. Elle était maître de poste en Belgique après la libération par les alliés. Monsieur Beaulac était maître de poste à Antwerp et assurait la livraison des lettres et colis postés aux troupes canadiennes. Monsieur Beaulac nous racontait que plusieurs de ces colis contenaient des cigarettes. Par la suite, il a été transféré à Lot en Belgique. Photo : Peter Handley

On retrouve sur le mur de la chambre de Monsieur Beaulac une photo du couple Beaulac lorsque Louise est arrivée au Canada après la guerre. Il a fait la connaissance de sa future conjointe au bureau de poste militaire situé dans le petit village de Lot, tout  près de Bruxelles en Belgique. ‘’C’était ma patronne à l’époque’’ nous a dit monsieur Beaulac. ‘’ J’étais très nerveux de la demander en mariage’’.  Mais un évènement est venu changer les plans. Photo :  Peter Handley.

J’ai demandé à monsieur Beaulac s’il était revenu au Canada sur un navire de transport. Il a sourit et nous a répondu ‘’non, sur un navire-hôpital’’. Je n’avais pas remarqué ses mains qui reposaient sur lui. Tous ses doigts saufs ses petits doigts ont été endommagés ou arrachés à cause d’un détonateur. Monsieur Beaulac nous a conté que dans le village de Lot, il nettoyait un abri pour y cantonner, lorsqu’il a cueilli un objet dans les débris. Sans le savoir, il avait mis la main sur un détonateur et le simple fait de le toucher l’a fait sauter, le blessant sérieusement aux deux mains. Photo : Peter Handley.

À son réveil à l’hôpital de Bruxelles, il s’aperçut que ses mains étaient complètement couvertes de bandages. Personne ne lui avait dit la nature de ses blessures. Seuls ses petits doigts ressortaient des bandages comme il nous l’a démontré sur la photo. Louise est venu le visiter et, sans savoir l’étendu des blessures de monsieur Beaulac, lui a demandé en mariage.  Ils ont été réunis suite à son rapatriement au Canada. Son service militaire comme maître de poste lui a permis d’obtenir un emploi dans le bureau de poste de Ste-Hyacinthe après la guerre. Il a ensuite travaillé pour le ministère  des Transports à Goose Bay et à Dorval. Photo : Peter Handley.

Dans le foyer de l’hôpital, non loin des bureaux de la Fondation, on retrouve l’Arbre de Souvenir. C’est un projet de levées de fonds qui commémore les anciens combattants qui ont vécu à Sainte-Anne. C’est un projet qui permet aux résidents et à leurs familles d’exprimer leur gratitude, ou de dire ‘’merci ‘’.  C’est un endroit où l’on peut se souvenir d’un membre de la famille, même si ces derniers n’ont jamais résidé à l’hôpital. Germain Beaulac a fait un important don pour ce projet, en remerciement pour la dignité obtenue chaque jour ainsi que l’amour et le bien-être qu’il partage avec le personnel. Photo : Peter Handley.

Le geste que Germain lègue à sa famille atteste de la qualité des soins, et l’amour qui entoure la ‘’Bande de gars de Sainte-Anne’’. Photo : Peter Handley

La Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne a été créée en 1998 afin de trouver des nouveaux moyens pour le soutien de programmes qui permettent une plus grande dignité pour les anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale, de la Guerre de Corée et pour les vétérans de la nouvelle génération.  L’énoncé de mission de la Fondation note que la responsabilité n’est pas que celle du gouvernement mais de tout le monde qui bénéficie  d’un monde pour lequel ces anciens combattants ont risqué leur vie. Il revient à des citoyens tels que nous, non seulement aux vétérans et militaires, à leurs familles et au gouvernement,  mais à nous tous, d’exprimer notre gratitude, de façon concrète, envers nos vétérans qui se sont sacrifiés en temps de guerre, et envers nos jeunes militaires canadiens qui continuent à risquer leur vie, pour maintenir la paix à travers le monde.

Un de programmes importants  de la Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne est Opération Dignité . C’est au cœur des activités de l’hôpital. Ce projet vise une levée de fond de 2,5$ millions pour le maintien du niveau de soins pour les anciens combattants traditionnels et ceux de la nouvelle génération ainsi que ceux et celles qui servent présentement. La Fondation précise que « En considérant que les prochaines années représentent le dernier chapitre dans la vie de nos vétérans de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée, nous sommes déterminés à leur offrir les meilleurs soins et le confort qui leur permettront de vivre et de mourir avec la dignité qu’Ils méritent. Avec une moyenne d’âge de plus de 90 ans, nos vétérans traditionnels nécessitent de plus en plus de soins et de services liés à leur condition de santé physique et psycho-gériatrique….En effet, avec le vieillissement, l’augmentation de leurs déficits et de leur perte d’autonomie, ils nécessitent des services cliniques et des programmes innovateurs qui permettent également de combattre les effets de la solitude et de l’isolement. Dans ce contexte, La Fondation est de plus en plus appelée à participer au bien-être de ces hommes et de ces femmes. Avec la détérioration progressive de leur état de santé physique et psychologique, un plus grand nombre de vétérans de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée se trouvent dans la phase finale de leur vie et ont des besoins spécifiques de soins de fin de vie et de soins palliatifs. Le financement de programmes et d’équipements adaptés ainsi que des approches innovatrices nous permettent de répondre adéquatement aux besoins personnalisés de ces vétérans et de leurs proches.

En écrivant ce texte, à une centaine de mètres de mon bureau, on vient d’attaquer les édifices du Parlement canadien. Un soldat en service de garde au monument national de guerre a été descendu par un terroriste probablement radicalisé natif d’ici. ON a annoncé que le soldat, réserviste du régiment Hamilton Argyle est décédé. Le chaos et le stress est évident partout. Les premiers répondants sont partout. Dans l’ouest, en Alberta, d’autres canadiens se préparent pour le déploiement des chasseurs CF-18 qui participeront au combat contre l’EI en Iraq et en Syrie. D’autres conseillers canadiens seront envoyés au sol en Iraq.  Il est évident que les vétérans des guerres d’outremer ne sont pas que du passé. La façon dont nous prenons soins de nos vétérans est un indice de notre vrai engagement de maintenir notre liberté pour laquelle ils ont combattus. De nos jours, il est évident plus que jamais, qu’il y aura encore des anciens combattants et d’autres seront appelés à défendre notre façon de vivre et les libertés que nous prenons souvent pour acquis. Il est important qu’ils sachent que nous allons valoriser leur engagement envers notre pays, maintenant et pour les années à venir, en souhaitant de tout cœur qu’ils puissent bien en profiter à leur tour.

Si vous désirez démontrer votre engagement envers le soutien aux anciens combattants traditionnels, ceux dela nouvelle génération, les militaires en service et les prochains anciens combattants,  pour le soutien continu de leur dignité et de leur qualité de vie, même si elle s’écourte parfois trop vite,, je vous invite à faire une contribution  a la Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne, Opération Dignité, en cliquant sur le lien ci-dessous.

 

Dave O’Malley

Les Ailes d’époque désire remercier la Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne, plus particulièrement Andrée-Anne Desforges. Nous apprécions aussi le temps passé avec Leonard Fuller, Gilbert Prévost, Everett Paul Firlotte, William Myers, Germain Beaulac, Hélène Lacasse, Anthony Ozanick, Rosaire Gaston Oullette. Je veux aussi remercier mes collègues visiteurs, Claude Brunette et Peter Handley. 

 

 

 

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