Thunder Over Michigan



Bonjour tout le monde, j’aimerais capter votre attention sur la formule du « fun » suivante :

TOM 2010 = 8 B17 / 11 + 1 B-24 / 2 + 7 P-51 + 1 F100 = FUNn

Ceci ressemble peut-être à une formule mathématique, et, bien qu’il n’y ait rien de purement scientifique là-dedans, bien des gens qui assistent à des spectacles aériens en Amérique du Nord pourraient la comprendre.

Alors, qu’est ce qui était donc égal à du « fun » à la puissance n? Réponse : l’édition 2010 du Thunder Over Michigan (TOM) les 7 et 8 août derniers à l’aéroport de Willow Run d’Ypsilanti, tout proche de Detroit, dans le Michigan. Le thème principal de ce spectacle était le rassemblement de forteresses volantes et de légendes. Examinons cette formule en détail.

8 B17 / 11

Sur les 11 Boeing B-17 existants en état de vol l’été dernier, il y en avait 8 au rendez-vous, venant du Texas (Texas Raiders et Thunderbird), de l’Arizona (Sentimental Journey), de la Georgie (Liberty Belle), du Wisconsin (Aluminium Overcast), du Massachusetts (Nine O Nine), de Geneseo de l’État de New York (Memphis Belle, The Movie) et celui qui est sur place à Ypsilanti (Yankee Lady).

1 B-24 / 2

Witchcraft, l’un des deux seuls Boeing B-24 Liberator en état de vol à l’heure actuelle était présent

7 P-51

Il y avait également 7 Mustang P-51

1 F100  un rare North American F-100 Super Sabre a fait tourner les têtes et fait le bonheur des photographes

On aurait pu allonger la formule mathémathique avec 2 Boeing B-25 (Yankee Warrior et Briefing Time), un rare Douglas DC-7, plusieurs avions d’entraînement et bien d’autres encore.

De nos jours, la probabilité de voir 8 B-17 voler ensemble est assez faible, et même réunies, il n’y a rien qui garanti que toutes les forteresses pourront effectivement voler  ensemble ; le samedi, les 8 B-17 ont volé ensemble, mais cependant l’un d’eux, Texas Raiders, a gardé son train d’atterrissage sorti tout le long de la présentation à cause d’un problèm e mécanique. Toujours le même jour, le B-24 avait des ennuis et a dû rester cloué au sol. Le dimanche le B-24 a volé, mais seulement 7 des 8 B-17 ont pris l’air. Jusqu’à la dernière minute avant son vol, on ne sait jamais si un warbird pourra faire effectivement sa présentation, et c’est quelque chose qu’il faut admettre comme normal. Pour souligner encore plus cet état de fait, 2 avions très attendus, le Bf-109 du Russel Aviationl Group de Niagara et le Me-262 de la Collings Foundation n’ont  malheureusement pas pu être au rendez-vous. Mais la liste des avions présents était impressionnante, et le spectacle fut très réussi avec de belles prestations bien enchaînées.

Bon! C’est assez pour les maths! Jetons un coup d’œil aux photos!

Par Pierre Lapprand

Le prochain TOM se tiendra les 23 et 24 juillet 2011, avec en vedette les Blue Angels de la US Navy. Le thème principal sera centré sur le théâtre d’opération du Pacifique et les avions de la US Navy. Dans le listing des avions se trouvent déjà sept Corsair, deux Mitsubishi (A6M2 et A6M3) Zéro, d’autres warbirds de cette époque, toute une ribambelle de F-18 et bien d’autres invités. Voir http://yankeeairmuseum.org/airshow/

J’aimerais particulièrement remercier Tom Walsh pour son sens de l’organisation et son implication dans le système de prévente des billets, et surtout Dave O’Malley pour sa grande contribution à cet article ainsi que son apport sur les recherches historiques.

Il n'y a rien de plus magnifique que huit warbirds géants en rangée, chacun portant l’identification d’un groupe de bombardement (GB) unique et historique. Le line-up se lit de gauche à droite : le 381ème GB, RAF Ridgewell; le 457ème  GB, RAF Glatton; le 303ème GB, RAF Molesworth; le 390ème  GB, Framlingham RAF; le 398ème BG, Nuthampstead RAF; le 91ème BG, Bassingbourne RAF; le 92ème GB, RAF  Podington et enfin un autre de la 381ème  GB, RAF Ridgewell. Photo: Pierre Lapprand



Les codes d’escadron sur les fuselages et les couleurs des capot-moteurs nous aident à raconter des histoires encore plus précises, celles des escadrons au sein d'un groupe. Au premier plan, la forteresse "X pour X-ray" porte le code d’escadron "VP" pour le 533ème escadron de bombardement (EB). Derrière elle, la forteresse tout en métal à la dérive bleue distinctive du 749ème EB. Plus loin dans la ligne, le code "GN" indique le 427ème EB, suivi par "DI" pour le 570ème  EB. Pour la suivante, nous pouvons identifier le code "3O" du 601ème EB, avec le code H juxtaposé. Photo: Pierre Lapprand.




Le nom du spectacle aérien «Thunder over Michigan" est démontré avec force dans cette formation serrée de P-51D Mustang de l’équipe de voltige « The Horsemen ». Photo: Pierre Lapprand



Les Belles Dames. Comme dans une scène du film Memphis Belle, 3 puissantes Forteresses volantes B-17 roulent sur le taxiway, menées par les B-17 Liberty Belle et Memphis Belle. Photo: Pierre Lapprand




Toujours à la recherche d'angles uniques, Lapprand capte une lignée de North American T-6 Texan qui se reflètent  dans le miroir des vitres d'un immeuble. Photo: Pierre Lapprand



En montée dans un ciel couvert, le B-17 Liberty Belle tout en aluminium reflète le ciel terne. Ce B-17 est originaire de Tulsa, Oklahoma et est géré par la Liberty Foundation. Photo: Pierre Lapprand



Si vous étiez tourneur dans une usine de roulements à billes à Schweinfurt, en Allemagne, ce serait le moment de vous dire « Stellen sie ihre werkzeuge jungen hinunter» - Jettez les outils les gars ! Sauve qui peut ! » Avec un téléobjectif, Lapprand a capturé la majesté de quatre forteresses en chemin vers la cible. Photo: Pierre Lapprand




Si jamais vous vouliez voir la pire place dans un B-17, la voici : le siège de bombardier à l'extrémité avant de la forteresse. Vulnérable aux attaques frontales et aux éclats d’obus de la flack, c’est de là que le bombardier dirige l’avion sur la cible en utilisant son viseur de bombardement Norden top secret, jusqu'à l’appel attendu «Bombs Away! » Après vient le «Miller Time ». Photo: Pierre Lapprand



Sans doute la position la plus inconfortable et la moins invitante sur tout bombardier était celle de la tourelle ventrale. Cette  capsule minuscule fonctionnant électriquement était si compacte que seuls de jeunes hommes minces et courts étaient en mesure de s'y glisser,  dans une position semi foetale, la mitrailleuse entre les genoux. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, un poète du nom de Randall Jarrell a écrit ce poème sinistre teinté d’humour noir sur la tourelle ventrale :

From my mother's sleep I fell into the State,
And I hunched in its belly till my wet fur froze.
Six miles from earth, loosed from its dream of life,
I woke to black flak and the nightmare fighters.
When I died they washed me out of the turret with a hose.


(Pour donner une idée de ce poème : De ma mère endormie je suis tombé ici, et me voici vouté dans son ventre, mon blouson en fourrure humide gelant, à 6 milles pieds d’altitude, soudainement pris à partie par le cauchemar de la flack et des chasseurs. Quand j’ai péri, ils m’ont « nettoyé » de la tourelle avec un boyau d’arrosage)

Il a ensuite fait la description suivante des équipements en question : « Une tourelle ventrale était une sphère en plexiglass placée dans le ventre d'un B-17 ou d’un B-24,

habitée par deux mitrailleuses de calibre .50 et par un homme, un homme de petite taille. Lorsque ce tireur suivait avec ses mitrailleuses un chasseur attaquant son bombardier par en dessous, il tournait avec la tourelle; penché la tête en bas dans sa petite sphère. Ceux qui l’attaquaient, eux, étaient armés de canons tirant des obus explosifs. Le boyau d’arrosage fonctionnait à la vapeur »... Photo: Pierre Lapprand




Un imposant B-24 nommé « Witchcraft » (Sorcellerie) du 467ème  GB est accompagné vers la cible par deux «Little Friends» (petits amis) comme chasseurs d'escorte, ainsi appelés par les équipages des bombardiers reconnaissants. Dans la chaleur et la brume vient derrière lui un flux de bombardiers B-17. Le « Witchcraft » original a été attribué au 467ème GB, 790ème EB et a dressé un bilan exceptionnel de 130 missions de combat. Sur cette photo, la vulnérabilité du tireur de la tourelle ventrale est très évidente. Photo: Pierre Lapprand



Le B-17G Yankee Lady crapahute à faible altitude au travers de la brume créé par des pièces pyrotechniques. Cet avion a été livré à l'US Army Air Corps sous le numéro de série 44-85829, puis transféré à la Garde côtière américaine sous l’immatriculation PB-1G, BuNo 77255 en septembre 1946. Il a servi à la base aéronavale d’Elizabeth City en Caroline du Nord jusqu'en mai 1959. Sa vocation devint plus tard celle d’un bombardier d'eau, mais maintenant elle vole pour le Yankee Air Museum, à l'aéroport de Willow Run, Ypsilanti, au Michigan. Photo: Pierre Lapprand



Liberty Belle survole une démonstration de blindés américains sur le terrain, image évoquant une scène d’origine de 1944. Photo: Pierre Lapprand



Somme toute, Le B-24J semble vraiment n’être qu’un bombardier utilitaire, mais il dégage une certaine beauté dans sa laideur de brute. Les 130 missions de bombardement révélées sur son flanc gauche illustrent une histoire d'endurance et de bravoure non égalée ou dépassée par beaucoup. Photo: Pierre Lapprand



3x17 + 24 équivaut à B-75. Grâce à cette prise de vue unique, nous obtenons une bonne idée de comparaison des formes des deux types de bombardiers. Photo: Pierre Lapprand



Un angle de prise de vue dramatique et sinistre sur la forteresse classique avec ses ailes massives dominant la photo. Photo: Pierre Lapprand



Le son de 12 Texan et Harvard tonne sur le Michigan. Le Harvard / Texan est incontestablement reconnu comme le  warbird ayant le moteur le plus bruyant. 12 d'entre eux est soit le paradis ou l'enfer, ça dépend de votre endurance sonore. Photo: Pierre Lapprand



Faisant renaître la beauté d'un passé où les compagnies aériennes étaient des bastions de service et d'élégance, un DC-7B de la Eastern Airlines Historical Foundation se pose à l'aéroport de Willow Run. Photo: Pierre Lapprand




«Méfiez-vous des Huns dans le soleil » dit l'adage des combats aériens. Cette variante de formation à deux places du vénérable North American Super Sabre F-100, connu affectueusement par ses pilotes comme le Hun (pour hundred – cent en français), est en fait un oiseau rare mais personne n'a besoin de se méfier sauf peut-être ces oiseaux effrayés. Photo: Pierre Lapprand



Les Cavaliers au galop passent au centre de l’image pendant que Lapprand les suit en panning. Photo: Pierre Lapprand



Le pilote de chasse de l'USAAF Bud Anderson, un as de la Seconde Guerre mondiale, a eu son cheval de bataille immortalisé sur plus d'un P-51 encore en état de vol. Dans ce cas, c’est son P-51C Old Crow (qui appartient à Jack Rouche) de la 362ème FS, 357ème FG, piloté par Jimmy Leeward. Photo: Pierre Lapprand



Ces cinq North American Harvard couleur jaune PEACB semblent suivre la ligne tracée par la queue du Boeing KC-10 au premier plan. Photo: Pierre Lapprand



Une manœuvre dramatique d’attaque en piqué des trois Mustang des Horsemen. Photo: Pierre Lapprand



Lapprand utilise une teinte sépia sur cette photo pour lui donner l’aspect d’une photo d’époque illustrant l'appui aérien rapproché au cours de la Seconde Guerre mondiale. Photo: Pierre Lapprand



John Mohr est le roi incontesté de la voltige en Stearman, capable d’arracher l'excellence de voltige de ce docile avion d’entraînement. Photo: Pierre Lapprand

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